Les immortels de la nuit

Réédition du 19/03/2012

Au programme d’aujourd’hui, pas un mais cinq livres chroniqués! C’est le retour des marathons lecture avec une envie, ces derniers jours, chez moi, de canines, de loups et autres créatures fantastiques.

Vous le savez, sans être des fans absolues de Bit-Lit, nous nous laissons parfois tenter, Chi-Chi et moi-même, par le monde obscur et mystérieux des chasseurs de la nuit.

La série de Kresley Cole, Immortals after Dark, compte à ce jour pas loin de douze ouvrages. Il fut un temps pas si lointain où j’aurais trouvé le temps de tous les lire à temps pour ma chronique, or, j’ai fini le cinquième cet après-midi, et j’ai du renoncer au rêve de tout lire ce weekend. Mais ce n’est que partie remise, car sitôt cet article rédigé, je me plonge dans le suivant…

Comme vous êtes toutes dotées d’un sens de la déduction plus que développé, vous aurez conclu du paragraphe précédent que j’aime beaucoup la série. Mais pourquoi ? Et qu’a-t-elle de plus que toutes ces histoires de vampires à la sexualité débridée ? Qu’est ce qui a fait que dans cette série a su sortir du lot ?

Je me suis plongée dès le tome un sur cette question. Et j’ai étudié les suspects habituels :

  • Le style : je mentirais sans doute un peu en vous disant que Kresley Cole est la prochaine Jane Austen. Son style se lit facilement, en VO tout du moins, je ne saurais m’avancer quand à la qualité de la traduction. L’auteur mène son histoire de manière efficace, établit même un petit glossaire à notre intention, ce qui est bien pratique dans une lecture fantastique parfois, mais rien de bien transcendant ici. Pas de hurlement de rire, qui font que j’aime d’amour Julia Quinn ; pas de moments Nutella Kristan Higgins qui me font pousser des petits soupirs de satisfaction ; et pas non plus de gorge qui se serre comme à la lecture de Courtney Milan.

 

  • Le suspense : oui, on se rapproche. Lire du fantastique, si l’auteur sait s’y prendre, c’est se donner l’occasion d’être surprise. Sherrilyn Kenyon avait le don de me surprendre à chaque chapitre lors de la lecture de ses premiers tomes, et puis c’est devenu plus dur à mesure que je me suis acclimatée au style de l’auteur.

 

  • Les personnages : on brûle! Kresley Cole a mis en place tout un système de Panthéon. La série va bien au-delà du vampire de base et du loup garou syndical. Ici, on rencontre des « Valkyries ». Et si, comme moi, vous vous attendiez à de plantureuses créatures blondes qui arrivent sur scène dans des chevauchées épiques de type wagnériennes, attendez-vous à quelques surprises. Pas de macarons blonds sur chaque oreille, point d’accent « chermanique », point de gorge palpitante, mais des êtres à l’allure de petits lutins matinées d’elfes, qui, sous cette apparence fragile et délicate, sont des guerrières sans pitié. J’aime bien les contrastes. J’ai adoré celui-là !

 

  • Le pitch des histoires d’amour : bingo ! Ici, l’amour c’est un peu le mariage arrangé par excellence. Vous vous souvenez de la théorie de Chi-Chi : un mariage arrangé, c’est comme un road trip, on ne découvre les personnes qu’une fois la route prise et il faut bien se débrouiller avec ses compagnons de voyage pour arriver à destination. Ici, c’est exactement cela. Sauf que nos héros ne sont pas mariés de force, c’est encore plus vicieux. Il sont destinés l’un à l’autre par des forces contre lesquels ils ne peuvent rien. Et laissez moi vous dire que c’est n’est pas le pays des petits poneys quand ils se découvrent une destinée commune. Ils auraient plutôt tendance à dire « plutôt mourir » que « youpi, sautons dans un lit et faisons plein de petits bruits! ». L’auteur prend un malin plaisir à mélanger des êtres fantastiques avec une antipathie séculaire l’un pour l’autre. C’est formidable, les Capulet vs. Montaigus, sans l’histoire pourrie d’ados qui veulent mourir au milieu!
    Je m’emballe, passons à quelques synopsis, histoire de vous mettre en canine…

 

warlordThe warlord wants forever, pas traduit à ce jour, ouvre la série des immortels avec une valkyrie et un vampire. Les deux races ennemies… Nicolai Wroth fait pourtant partie d’une race de vampire particulière qui a renoncé à boire du sang à partir de la source, cette pratique étant à l’origine de la folie meurtrière et de la cruauté légendaire de la race par la suite.

Mais ce petit détail, Myst the Coveted (la Convoitée) n’en a pas grand chose à faire. Pas question qu’elle soit la Bride (épouse prédestinée par le destin et qui permet au vampire de récupérer l’usage de son système sanguin, et donc de certaines fonctions masculines) d’un vampire, reformé ou pas ! Qui dit Bride, dit excitation permanente pour le vampire. Il passera cinq ans à lui courir après. Pour enfin la retrouver à la nouvelle Orléans avec un sérieux compte à régler.

morsureA hunger like no other (Morsure secrète en VF) raconte l’histoire de Lachlain MacRieve, roi loup-garou emprisonné pendant des siècles par les vampires et condamné à la torture constante (les vampires étant on le sait, un race pleine d’amour et de gentillesse dans leur cœur), et Emmaline Troy, hybride à moitié Valkyrie, à moitié Vampire (oui, il y a des mélanges étrange qui se font chez les immortels).

Notre histoire s’ouvre à Paris, où dans les profondeurs des souterrains, le roi lycan souffre, quand tout à coup il sent l’odeur de sa « mate » (épouse prédestinée chez les loup-garous qui fait naitre chez eux un sentiment de possessivité et de besoin de protection au-delà de tout entendement). Ses forces décuplées par le choc, il brise ses chaînes et fuit (bien pour lui) et par à la recherche de celle qui l’a libéré : Emmaline (moins bien pour elle). Devenir la compagne über-protégée d’un puissant mâle, ce n’était pas dans son programme. Pas plus que de voir la moitié de son héritage trainé dans la boue… Scènes cocasses et autres mises au point machistes au programme. Un délice.

walkyrieNo rest for the wicked (Valkyrie sans cœur en VF) nous refait le coup du duo valkirye/vampire. Sebastian Worth (frère de…) et Kaderin the Cold-hearted (Sans-cœur) se rencontrent brièvement au début du roman, juste assez pour que la guerrière agite le sang du vampire, ce qui m’a fait craindre un bis du premier tome.

Mais c’était sans compter sur le passif des deux héros qui finissent par nous emmener dans une épopée digne d’Indiana Jones appelée « the Hie » et qui a très modestement lieu tous les 250 ans. C’est une sorte de Survivor/Koh Lanta pour les êtres surnaturels en manque de sensations fortes. Kaderin y participe depuis des siècles, et compte bien remporter encore une fois la récompense. Mais c’est sans compter sur les autres compétiteurs et Sebastian qui se mettent dans ses jambes (en tout bien tout honneur bien entendu).

charmesWicked deeds on a winter’s night (Charmes en VF) se passe lui aussi pendant la « chasse au trésor ». Mais cette fois-ci, nous découvrons la course du point de vue de Bowen MacRieve (cousin de…) et Mariketa the Awaited (l’Attendue), sorcière de son état.

Si je vous dit que dans son passé, Bowen a déjà eu à faire à des sorcières et que ça s’est très mal passé, vous me croyez ? N’ayez crainte, l’histoire est un peu plus complexe que cela. Au-delà du fait qu’il est question d’une « mate » perdue et de réincarnation, se lève aussi le voile sur une prophétie qui lie Bowen et Mariketa, au grand désespoir des deux intéressés.
amedamneeDark needs a dark edge (Ame damnée en VF) est à ce jour celui que j’ai le moins aimé. Il y est question de Conrad Worth (l’auteur aime les histoires de famille), vampire tombé du coté obscure de la force (comprendre, il boit le sang à la source) et que ses frères essayent de sauver à son corps défendant en l’enchaînant à un lit dans une maison désertée.

Ce qu’ils ne savent pas c’est que dans la maison vit Néomi Laress, ancienne ballerine et fantôme de son état, morte il y 80 ans de cela. La culture urbaine voudrait que les fantômes puissent être visible par nous autres mortels, sauf qu’en fait, ici, pas du tout. Néomi vient de passer 80 ans à observer sans jamais être vue ni entendue. Quelle n’est pas sa surprise quand Conrad semble très clairement la percevoir…

J’aime et je conseille quatre sur cinq, c’est un bon début. Je m’en vais de ce pas commencer le sixième.

En attendant la suite, bonne lecture,
Tam-Tam

PS : l’ordre n’est pas capital à la compréhension, juste pour info. J’en veux pour preuve que la traduction n’a pas cru bon de passer par le premier tome…

Edit du 30/05: j’ai tenté de poursuivre…mais finalement, les premiers tomes sont les meilleurs. Il y a la surprise, la mise en place du monde. Les tomes suivants s’essoufflent très rapidement, et ils ont même fini par me lasser!

Vampire et Célibataire


Cela faisait longtemps qu’on avait pas parlé vampires… Qu’ils soient Dark Hunter, qu’ils habitent en Louisiane, ou qu’ils soient parents célibataires, ils sont sur toutes les lèvres et peuplent les étalages des meilleures librairies. Il me coûte de l’évoquer, mais mon éthique morale de chroniqueuse me pousse à parler du tsunami qu’a été la sortie des quatre opus de la série Twilight. A elle seule, cette série témoigne de l’engouement de l’édition et de ses lecteurs pour nos héros de la nuit.Ce mouvement a un nom. La bit-lit.

N’en déplaise à ma chère Chi-Chi qui, il y a quelques semaines, me catapultait fantasy experte de notre duo, si j’admets fort volontiers aimer ce genre, je n’en fais pas ma lecture systématique. Je suis encore loin du doctorat en bit-lit, mais mon esprit curieux a cherché à se renseigner sur la question. Qu’est-ce que la bit-lit ?

Si j’en crois les différents textes qui en parlent, la bit-lit est un sous-genre de l’urban fantasy. Il s’agit donc de livres fantastiques dont l’histoire se déroule dans un contexte contemporain. Leur valeur ajoutée ? Les vampires, garous et autres gnomes sont des personnages appartenant à la réalité de ces histoires.

Le marché nous propose un nombre impressionnant de nouvelles histoires et auteurs spécialisés dans ce sous-genre. Je suis une lectrice difficile mais MaryJanice Davidson a su gagner mon cœur avec sa série « Queen Betsy », à l’humour léger avec une pointe girly.

Dans « Vampire et Célibataire », Besty, secrétaire au chômage est tuée dans un accident de voiture le jour même de son anniversaire. Mais Besty, au lieu de mourir proprement et de manière définitive, se réveille dans son cercueil, à la morgue.

La voilà donc sans travail, sans pouls, et condamné au régime liquide. Mais si on lui a appris qu’il ne fallait pas mâcher la bouche pleine, elle ne sait rien de cette nouvelle existence qui s’impose à elle, ni de l’étiquette à suivre en matière de hiérarchie vampire.

N’en déplaise aux chasseurs de la nuits à l’aura sombre et ténébreuse, les histoires de vampires où le chaos, l’obscurité et la fatalité d’un avenir sombre transparaissent à chaque page ont eu tôt fait de me lasser, et c’est avec soulagement et joie que l’on m’a fait découvrir cette héroïne qui n’a pas choisie de devenir un vampire, qui trouve que boire du sang n’est pas vraiment sa tasse de thé et qui considère qu’une prophétie écrite à l’encre de sang dans un manuscrit qui rend fou si on le lit trop longtemps n’est pas vraiment dans son idée du fun.

Assortie d’une flopée de truculents personnages pour lui donner la réplique (mot du jour, truculent, ça change de haut en couleurs), les aventures de cette jeune blonde sont exactement ce dont j’ai besoin en hiver : de l’humour, de l’esprit et un sens de style et de la réplique acéré.

Sans même me connaitre, l’auteur sait déjà comment me faire plaisir puisqu’elle a déjà écrit plus d’une demie douzaine de volumes pour cette série. Les mois d’hiver sont longs, j’ai mené un combat rangé contre mon envie compulsive de tous les lire d’une traite et je m’en suis gardé quelques-uns pour les grands moments de disette.

En attendant, le bilan de la lecture des trois premiers tomes parle de lui-même : 17 sourires, 6 éclats de rire et 3 ricanements, me valant au passage de nombreux regards menaçant de la part de ma voisine dans le train. Une histoire de vampire simple qui fonctionne. Tout cela, sans fin du monde prévue par une voyante borgne vouant les héros à un combat  légendaire dont l’issu déterminera de l’avenir du monde!

Bonne lecture
Tam-Tam

La communauté du Sud


(Réédition du 10/01/2011)
La saison 3 de True Blood va bientôt sortir en France. Il y a un peu plus de 2 ans, la sortie de la saison 1 a créé de nombreux adeptes qui ont fini par réaliser que la série était en réalité l’adaptation des romans de Charlaine Harris.

Ma relation avec Sookie Stackhouse a commencé avant True Blood. Il y a 4 ans environ, « J’ai lu » avait tout juste commencé la publication en VF des aventures de la jeune télépathe dans son petit bled de Louisiane.
L’éditeur ne nous avait alors pas régalé d’une couverture tendance avec une bouche sexy à la goutte de sang accidentelle. A l’époque, nous avions le droit à des couvertures de toute beauté pour la collection Monde Mystérieux : un fond violet, des femmes maquillées comme Lady Gaga, des loups, la lune, bref, la grande classe !

Mais j’aime les vampires et j’ai renoncé depuis longtemps à choisir une romance sur sa seule couverture. J’ai acheté les 4 premiers tomes d’un coup, et me suis lancée dans un marathon en bonne et due forme.

La série raconte les mésaventures de la jeune télépathe Sookie. La narration à la première personne donne un ton très personnel au récit.
Si vous n’aimez pas les histoires basées sur le concept vampire/humain, passez votre chemin, cette série n’est pas pour vous. Si vous aimez la mise en place d’un univers paranormal fantastique avec une touche de passion, vous pourriez être intéressés. Mais prenez garde, cette série peut se montrer quelque peu décevante par moment.

Je m’explique, en 4 tomes, bien des choses arrivent à la jeune fille :
– Elle rencontre un vampire, puis un second, puis toute la hiérarchie jusqu’à la souveraine du royaume de Louisiane.

– Elle découvre que les loups-garous et les fées ne sont pas des personnages issus de l’imagination débordante d’un auteur, mais des individus bien réels.

– Elle goûte au fruit défendu (sang, sexe, « take your pick ! ») et sauve sa peau des psychopathes/vilains méchants/tortionnaires sanglants qui semblent s’être multipliés depuis qu’elle fricote avec Bill le Vampire.

– Elle voit le taux de mortalité augmenter de façon significative dans son entourage proche et se retrouve mêlée à des affaires louches liées de près ou de loin à sa relation avec la communauté vampire.

Le tout en restant la plus grosse niaise qu’il m’ait jamais été donné de rencontrer !
Sookie est une gourdasse qui en tient une couche bien épaisse !

Au début de notre série, les vampires ont fait leur « coming-out » suite à la création d’un sang synthétique par les Japonais. Sookie est  télépathe depuis toujours. Ce petit détail de sa personne l’a fait passer toute sa vie pour la bizarroïde de service. Et là, quand d’autres créatures fantastiques s’avère être réelles, la voilà qui tombe des nues !
Il y a aussi cette naïveté face à l’ostracisme dont est victime la communauté vampire. C’est adorable la première fois, mais au bout de 11 livres, cela devient lassant. C’est vrai, c’est étrange cette peur que peuvent entretenir les humains à l’égard de ceux qui les ont considérés comme le menu du diner pendant des siècles, et puis ce n’est pas comme si nous étions dans le Sud, où la marginalisation est dans la culture…

Niaise, cruche, gourde, j’ai épuisé mon stock de vocabulaire sur cette chère Sookie, et ceci dès les premiers chapitres du premier livre. Pourquoi continuer ma torture plus longtemps alors?

Deux raisons : j’avais un super snack spécial marathon à côté de moi, et les personnages secondaires montraient un potentiel de sexytude assez significatif. Les connaisseurs me diront que j’aurais pu dire « Chocolat et Eric », cela aurait sans doute été plus vite. Mais j’aime ménager mon suspense, cher lecteur !

Eric, le viking blond au sourire carnassier a su retenir mon attention dès le premier tome, où pourtant il n’avait pas le rôle du chevalier servant (loin de là !).
Pam, son bras droit, et lui ont un humour noir que je trouve délicieux, même si la condition humaine en prend pour son grade. Ces derniers considèrent les humains comme des êtres inférieurs et n’éprouvent aucune honte à partager leurs opinions. L’ironie voudra qu’Eric soit attiré par la délicieuse Sookie (par quel miracle hormonal, cela reste un mystère pour moi).

Il y a aussi Sam le shifter au grand cœur. Je l’imagine avec un derrière à vendre toute ma collection de boucles d’oreilles. C’est le patron de Sookie, propriétaire du bar dans lequel elle travaille. Malgré sa capacité à se changer dans l’animal de son choix, c’est sans doute le personnage masculin le plus « normal » de l’entourage de Sookie, une fois que l’on a enlevé la famille, les psychopathes, les vampires, les idiots et les vieux pervers libidineux. Il est sans doute celui avec qui j’aurais aimé avoir un rencard.
Oui, parce que fantasmer sur les vampires c’est bien, mais il faut parfois garder en tête que ces derniers « travaillent de nuit » et ne sont pas vraiment connu pour leur vie de famille…

Mais pas Bill, qui, premier vampire que Sookie rencontre, est censé captiver le lecteur. Non, il est trop… pas assez… et puis c’est un sous-fifre de Eric ! Etre sous-fifre, c’est perdre des points sur l’échelle de Hugh Jackman.

La force de la série de Charlaine Harris réside dans l’éventail de personnages qu’elle nous propose, et ils sont nombreux en 11 tomes (que j’ai fini par tous lire).
Sookie n’est finalement que la narratrice. J’ai appris à ignorer ses débats intérieurs sur l’état de son bronzage, et j’ai fini par considérer qu’elle n’était plus vraiment mon héroïne, mais le personnage par qui j’apprends ce qu’il advient de cette communauté de bras cassés…

Une série à lire avec modération, afin de ne pas souffrir de Sookiite aigüe.

Bonne Lecture,

Tam-Tam